Duodécadron

 

est une forme dessinée par Léonard de Vinci. L’assemblage de triangles équilatéraux donne une sphère.
Elle permet d’envisager la multiplicité des visages de l’existence d’un être humain et peut illustrer les différentes facettes par lesquelles la Lumière se diffuse. Elle peut se comprendre comme un assemblage de constructions intérieures. Chaque élément est régi par un ternaire et l’association de ces ternaires équilibrés réfléchie la Lumière.

La roue des animaux

est une roue amérindienne. Elle contient 4 animaux héraldiques aux 4 orientations cardinales : la Grenouille, l’Oiseau de feu, le Papillon et la Tortue. Ils sont portes-drapeau, portes d’entrée, représentations symboliques, supports par lesquels l’homme représente ces orientations et entre en communication avec chacune d’elles.

Les autres Traditions ont également leurs représentations avec en Chine, le Tigre blanc, le Dragon vert, l’Oiseau de feu, la Tortue ; chez les Indiens d’Amérique, le papillon, la Grenouille, la Tortue et l’Oiseau de feu ; en Europe, les 4 animaux symbolisant les 4 évangélistes, à  savoir le Taureau (Luc), le Lion (Marc), l’Aigle (Jean) et l’Homme ailé (Matthieu). Ce sont, ici, des représentations païennes car elles étaient déjà  présentes avant la mise en place des 4 évangélistes reconnus de façon officielle. L’animal et la place qu’il occupe diffèrent d’un peuple à l’autre et loin de s’opposer illustrent la diversité des usages et selon sa situation sur le globe représente telle orientation cardinale. Cette orientation est pensée comme structure fondamentale de l’être Humain qu’il manifeste par une des quatre saisons. Ces quatre phases de sa profondeur sont constamment actives. Ce sont les articulations que l’être humain en fait entre son interne et son externe qui donne une importance plus ou moins grande à la saison. Rappelons qu’à  ces époques lointaines, l’homme ne se dissociait pas du milieu dans lequel il vivait, de sorte que de penser à l’animal lui permettait de se remettre en phase avec la saison donc avec lui-même.

Khepera

Scarabée

LOS ANGELES, CA – JUNE 15: A pectoral is on display during the « Tutankhamun And The Golden Age Of The Pharaohs » Exhibit Opening at LACMA on June 15, 2005 in Los Angeles, California. The inlaid pectoral depicts the scarab beetle Khepri, the newborn sun god. The scene spells out the throne name of Tutankhamun: Nebkheperure, meaning « Re is the Lord of Manifestations. » (Photo by Ethan Miller/Getty Images)

Symbole égyptien de transformation et de vie éternellement renouvelable. Scarabée du cœur : le cœur est la conscience, il dirige l’homme et le censure. Le cœur de l’homme est son propre dieu. Il est l’exemple de l’habileté apparemment inhabile, de la perfection apparemment imparfaite dont parle Lao-tseu. (d’après Le dictionnaire des symboles)
Symboliquement, le hiéroglyphe Khp exprimait la transformation éternelle, la résurrection qui succède infailliblement à la mort. Le dieu Khepera était une des formes du dieu Soleil, il représentait sa force régénératrice. Le scarabée Khepera exprime l’idée : à se produire, se faire, se créer, se transformer. Pourquoi les égyptiens avaient-ils choisi cet insecte pour symbole de la vie régénérée ? Nous trouvons la réponse dans les ouvrages des voyageurs grecs qui ont visité l’Égypte quelques siècles avant notre ère, réponse confirmée par les avants naturalistes de nos jours : le scarabée enfouit son oeuf dans une boule d’ordures qu’il roule avec ses pattes et qu’il enterre dans le sable ; le temps venu, l’œuf éclot, et une vie nouvelle sort de la boulette et apparaît à la surface du sable. Ce comportement de l’insecte évoque bien l’idée de résurrection que l’on rattachait à la signification symbolique de l’hiéroglyphe « Khepera ».

Nous trouvons sur les fresques l’idée de transformation rendue par un scarabée tenant dans ses pattes un disque rouge symbolisant le soleil naissant, tout comme cet insecte roule sa boulette d’ordure.
D’autre part pour exprimer le verbe : être, se former ou se transformer on ajoutait au signe du scarabée celui de la bouche (Logos). Grammaticalement ce signe est appelé : le complément phonétique, mais idéographiquement ce mot est d’une clarté éblouissante et explique parfaitement l’idée de la transformation continuelle de la vie. Le scarabée se tient au-dessus de la bouche comme s’il en sortait et dans ses pattes de devant il élève le disque solaire. Ainsi l’idée qu’exprime cette image est que le Verbe Créateur se transforme en manifestation visible, et le râle du scarabée Khepera est de réaliser cette transformation.

La même idée du cycle de vie formé par la transformation éternelle de l’état de potentialité en état de réalité est rendue de plusieurs autres façons dans la mythologie égyptienne. Toute manifestation vitale une fois créée suivait le même cycle, où la mort succédait infailliblement à la naissance, à l’image du coucher du soleil qui termine la journée. Mais le soleil renaît le lendemain, la nuit étant le moment de préparation pour une nouvelle manifestation visible. De même la mort n’était pas considérée comme la fin, mais seulement comme un changement d’état, le repos pendant lequel se préparait la nouvelle manifestation, la résurrection. L’union du signe de Tem (l’Indéfini, la raison cachée de toute vie) et de Rhâ le soleil (manifestation visible), qu’on trouve dans les textes des pyramides à Saqqara, est une autre expression de la même idée. On voit sur les fresques des temples égyptiens le scarabée placé dans la barque du soleil levant ; et dans les tombeaux et les papyrus funéraires, c’est encore lui qui pénètre dans le tas de sable où est ensevelie la momie, pour lui apporter la résurrection.
Extrait de Gnomologie par Enel 1959, Les éditions des Champs Élysées.